Web, SaaS, Cloud et BYOD attaquent les entreprises

Les réseaux sociaux d’entreprises (RSE) sont l’évolution logique des outils actuels tels que l’e-mail. Et ils posent question aux entreprises, tant d’un point de vue organisationnel que technologique. La rupture est en fait double : outre une évolution des usages qui pousse les salariés à se détourner de leur Outlook, la quasi-totalité des solutions de RSE reposent sur les mêmes socles technologiques, posant ainsi de nombreux questionnements aux DSI.

Si je devais résumer le « pourquoi » des RSE, je dirais : « Partager l’info et la travailler avec les bonnes personne, où que je sois, via le plus de terminaux possible ». Cette promesse fonctionnelle – qui n’a de sens que si elle apporte un confort équivalent ou supérieur à l’existant – ne peut se réaliser qu’à l’aide d’un tryptique : Web, SaaS et Cloud.

Le SaaS devient la norme

Même s’il n’est pas très aimé par les DSI – qui y voient un manque de contrôle sur les applicatifs – le SaaS (Software as a Service) a le vent en poupe pour les RSE. On comprend pourquoi : mise à jour régulière des outils, disponibilité totale et évitant les bugs liés à des versions hétérogènes de l’OS des ordinateurs installés, facilité d’accès, coûts allégés (abonnements au lieu de licences)…

De fait, les RSE excluent les logiciels installés en local déployés sur les tous les ordinateurs des salariés : la seule et unique fenêtre applicative devient celle du navigateur internet. Et c’est là que le premier bât blesse.

Internet Explorer 6 proscrit

En effet nombre d’entreprises utilisent encore l’antédiluvien Internet Explorer 6 (IE6 pour les intimes), or si certaines RSE sont encore compatibles le poids du passé pose des freins : par exemple, le Javascript ne passe pas, ce qui procure moins de confort d’utilisation des RSE (pas de glisser déposer par exemple).

Une solution « évidente » serait de migrer vers une version ultérieure de IE, voire un de ses concurrents come Firefox ou Chrome, mais le coût de redéveloppement de certaines applications métier freine cette migration. Mais la pression exercée par les autres utilisations du web en entreprise pousse à l’éradication à terme d’IE6. De fait, si vous désirez vous équiper d’un RSE, prévoyez plutôt un autre navigateur.

Le Cloud comme hub universel des données

Le Cloud est la troisième clé des RSE : aucune information n’est stockée en local, tout est dans les nuages. Disponibilités totales et synchronisation des données, redondance des sauvegardes, le Cloud est un hub universel  si tant est que l’on ait accès à une connexion réseau de temps en temps…

La connectivité  est, de fait, la pierre angulaire de l’ensemble : sans connexion, le RSE perd de son sens excepté via des technologies comme le HTML5 qui pourra sauvegarder de l’information locale. Mais c’est un faux procès : quelle entreprise peut se passer aujourd’hui d’avoir des salariés connectés ? ne serait ce que pour accéder aux mails, voire à certains documents de l’entreprise en situation de mobilité.

BYOD en embuscade

Reste l’épineuse question des terminaux et de la tendance du Bring Your Own Device (BYOD) dans les entreprises : le SSO (Single Sign On) utilisé sur les intranets est supporté par les RSE via les ordinateurs « classiques », mais comment faire dès qu’il s’agit d’utiliser une tablette ou un smartphone ? C’est tout l’enjeu des applications (iOS, Android, Windows Phone…), qui vont à terme fusionner du code natif avec une gestion de la connectivité et des informations disponibles.

Webifier l’information, la nouvelle frontière de l’entreprise

L’enjeu des RSE est de socialiser la connaissance au sein de l’entreprise, ce qui nécessite une universalité d’accès à celle-ci, donc de « webifier » l’information où qu’elle soit. Facebook le fait aujourd’hui très bien, et c’est cette structure informationnelle et technologique qu’il faut reproduire en l’adaptant aux impératifs des acteurs de l’informatique d’entreprise.

Merci à Christophe Routhieau (Co-fondateur et Directeur produit de blueKiwi) pour ses éclairages technologiques et usages.

Article initialement publié ici par le même auteur dans une version plus courte.