Tags

Related Posts

Share This

[Connect 2012] Protection de la vie privée et big data : Compatibilité ou non ?

Toujours dans le cadre du webcom Montréal, nous avons eu l’occasion d’assister à une présentation des plus instructives par Charles Nouÿrit, fondateur de MyId.is et spécialiste de la sécurité numérique depuis 2007.

MyId.is est une plateforme de certification numérique de l’identité.

Mais d’abord, expliquons ce que sont les Big Data, qu’il ne faut pas confondre avec les Big Tatas, mais qui peuvent faire penser à Big Bisous.

Internet c’est plusieurs centaines de milliers de contenus générés par seconde. Des données qu’il faut savoir traiter.

Or le traitement de ces données se trouve être une mine d’or pour les marketeux en terme de targeting et de publicité intelligente.

 Big Data = Big Opportunity 

 

Les bases de données Open Data accessibles à tous sont hyper analysées par les marketeux, qui gèrent des pentadonnées, les croisent grâce à la puissance de calcul des ordinateurs et les utilisent.

Ce qu’il faut savoir : « même lorsque les entreprises ne donnent pas les noms de leurs clients mais des caractéristiques anonymes, quand on recroise toutes les infos, on sait à quelle heure les gens sont chez eux, à quelle heure ils mangent etc … »

Ajoutez ici maintenant le fait que nous, pauvres naïfs, indiquons sur nos profils sociaux des éléments tout à fait anodins tels que notre sexe, nos préférences sexuelles, notre religion …

La France, traumatisée par le rôle du gouvernement pendant la seconde guerre mondiale a crée la CNIL qui protège les utilisateurs et met ainsi en lumière les vertus du point godwin. Mais en vérité, la CNIL est une anomalie, une exception française.

Dans le reste du monde, on peut cataloguer les gens jusqu’à identifier un potentiel terroriste en fonction de ses fréquentations web, il y a une vraie problématique de respect de la vie privée.

Aux USA, par exemple, ou les libertés individuelles sont très menacées, il existe des listes publiques de « sex offender » : des personnes qui ont été jugées et condamnées pour des agressions sexuelles.

Sachez tout d’abord qu’un « sex offender » aux US peut désigner, certes un super pédophile violeur de vieilles dames mais aussi un pauvre quidam qui a pissé contre un mur.

Ces données sont aujourd’hui utilisée par une start-up en réalité augmentée et permet à n’importe qui de savoir ou sont les sex offender autour de soi avec leur photo, afin d’être sûr de ne pas les rater.

Autre exemple : Le carnet d’identité, nouveauté québecois qui permet de mettre l’empreinte de l’enfant dans son carnet et le sensibiliser à la police. A priori, ça rassure, mais encore faut-il accepter que l’empreinte digitale de son enfant soit désormais dans les bases de données de la police.

Saviez-vous que la reine vient de donner aux services secrets le droit d’utiliser les technologies comme le Deep Packet Inspection pour « protéger le public » ?

Bien sûr il y a toujours l’argument du « si je n’ai rien à me reprocher, alors je préfère être protégé », lequel vaut tant que nous vivrons dans un état de droit. Par ailleurs, se pose aussi la question du principe fondateur de la présomption d’innocence et du respect de la vie privé.

Des chercheurs de l’université du Texas ont découvert qu’en utilisant une Base de données telle que IMDB et en la couplant avec les données libérées par Netflix ils ont réussi à comprendre les préférences politiques des utilisateurs.

En bref, l’anonymisation des données est vitale.

 

« Les informations peuvent être utiles ou anonymes, jamais les 2 en même temps »

 

Merci Charles pour ces éclaircissements, maintenant la question se pose : quelle est la solution ?

Imaginer se créer un personnage entièrement virtuel, un « avatar » au sens premier du terme, ayant sa propre identité, et dont le lien avec la vôtre ne serait détenu que par un organisme non gouvernemental pourrait être une piste, un tout petit début de piste…

Pour finir, nous vous invitons à regarder « Bienvenue à Gattaca » et « V comme Vendetta » en se disant que grâce à ce genre d’anticipation, l’esprit humain et l’intelligence collective tentent de s’aguerrir et ainsi, de permettre aux libertés individuelles de l’emporter.

Et si vraiment tout cela vous met un coup, pensez à Captain America, qui est devenu un héros parce qu’il n’en avait PAS le profil mais juste la volonté.

Bon vent les amis !