[Connect 2012] Femmes et e-commerce

Photo : Sandrine Decorde, Homology

 

En direct du Webcom Montréal, j’ai eu l’occasion d’assister à une table ronde de femmes (et non à une table de femmes rondes) travaillant dans le web, c’est donc tout naturellement que j’ai décidé de live-tweeter sur le compte de Girlz In Web, association pour laquelle je suis VP en charge du « rayonnement ».

 

La table ronde réunit des femmes qui ont décidé d’entreprendre en ligne :

@sophieguinet, fondatrice de MiniBulles, une jolie boutique en-ligne pleine de trouvailles pour vos enfants : décorations, jouets, papeteries, toutous … au Québec.

@karynclimans, qui nous vient de Toronto, entièrement anglophone et totalement sympathique. Karyn a fondé Tail-wags.com : un site qui vent des casques de sécurité ludiques.

@KimVallee blogueuse Lifestyle dont le blog est une référence sur le sujet de la déco et du design à Montréal.

Cassandra Girard, Co-Founder, COO de Buyosphere.com.

Diana Yazidjian, Présidente de Yazziness.

 

Ensemble, elles nous parlent de ce qui a changé en 5 ans sur le plan du e-commerce.

Kim Vallée : ce qui a changé c’est aussi la reconnaissance des blogueurs et influenceurs » par exemple quand on voulait aller prendre des photos dans les boutiques, avant il y avait une sorte de défiance, on nous répondait que les photos étaient sur le site, ils ne comprenaient pas que les blogueurs voulaient leurs propres photos. Maintenant ils ouvrent les portes, selon certaines conditions, ils ont compris qu’il fallait créer la relation. Elle nous donne l’exemple d’une boutique qui a même profité de ce lâcher prise pour diffuser un CP afin d’annoncer qu’on avait désormais le droit de prendre des photos.

 

A la question : qu’est ce qui vous a poussé à aller en ligne :

 

L’exemple de Etsy, qui permet aux créateurs de proposer leurs oeuvres sans trop de frais.

La e-boutique permet aussi de mieux gérer sa vie de famille (sophie guinet)

 

Enfin arrive la question de la spécificité féminine :

 

Mais est-ce vraiment féminin ? L’exemple est donné de ce couple, qui après avoir travaillé dans des secteurs rentables et construit un niveau de vie supérieur à la moyenne se sont rendus compte en ayant des enfants qu’il n’y avait rien à leur style et ont donc décidé de combler leur besoin en montant une e-boutique.

C’est probablement la vie de famille qui fait la différence.

Enfin, arrivons-nous au sujet de ce qui va changer entre le commerce traditionnel et le e-commerce. 

 

Les marchés sont des conversations.

Il y a de moins en moins de marchés de masse et de plus en plus de marchés de niche

 [Cluetrain Manifesto]

 

 

 

« Les canaux sont multiples et connectés entre eux. Cela ne nous permet pas d’erreur car on nous observe partout, on est obligés de développer une relation authentique »

[la fameuse transparence]

Du coup on doit aussi leur raconter une histoire, l’histoire du produit et leur donner du contenu, des idées, du SERVICE plus que la simple vente du produit. Pire encore, il faut leur parler d’autre chose que de produits…

 

 

le blog ne suffit plus, mais on ne peut pas non plus tout essayer et se multiplier, il faut étudier ses stats, tester, être ouvert et voir ce qui transforme.

 En fin de compte il semblerait que la dématérialisation liée au web  a été cause du retour au commerce de proximité.

A la question : que peut on dire de la loyauté client : est ce qu’elle existe ? Les réponses sont unanimes :

 

Le client attend qu’on le suive sur Twitter, il veut des nouvelles régulièremet, il veut des réponses…

La loyauté client devient une constante et on l’appelle désormais l’engagement.

 

 

Mon avis : les nouvelles technos ayant facilité les transactions on peut se concentrer sur le reste. En fin de compte le e-commerce serait plus un métier de communiquant que de commerçant ?

Bien sûr avant aussi c’était pareil mais on devait négocier en direct, aujourd’hui, avec les plateformes d’affiliation, la négociation est pré-faite, on peut se concentrer sur la déco de la boutique et la relation client.

Je me rends compte soudain qu’on ne parle pas du tout ici de la spécificité des femmes dans le e-commerce, selon la thématique « font-elles les choses différemment ? »

 

Je constate que les femmes ont une spécificité c’est qu’elles ont une idée qui naît de leur vie quotidienne et souvent de leur vie de famille, problématique domestique, d’où la prépondérance de boutiques de produits pour enfants. Voila qui pourrait faire bondir les féministes de tous poils, et pourtant, Sophie Guinet me répond très naturellement :

 

Il faut savoir qu’ici au Québec, la révolution féministe a été très forte et aussi investie par les femmes au foyer qui ont défendu leur droit en tant que femme et mère tout en se battant pour qu’on les écoute. Ici les femmes se sentent peu remises en question, d’après ce qu’on m’a dit. Il semblerait même qu’il puisse être dangereux de tenir la porte à une femme …

En tout cas, il leur semble évident à tous que les femmes ont une vraie capacité à s’investir personnellement afin de donner une personnalité à leur commerce. Bien sûr certains hommes le font très bien (je pense à l’homme qui a fondé La Fraise et Archiduchesse), mais il faudrait, me dit-on, étudier leur environnement, leur éducation, leur culture… Mais globalement la femme est une communicante (pour ne pas dire « bavardeuse ») née et les réseaux sociaux sont l’outil parfait qui va allier l’utile à l’agréable.

 

En fin de compte, la conclusion arrive de Karyn Climans qui est une femme à l’enthousiasme incroyable et à la passion visible qui nous dit :

 

Mesdames, messieurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire…