[connect 2012] La Génération C arrive dans vos organisations, êtes vous prêts à l’accueillir ?

Premier atelier lors de la journée pré-conf du Webcom Montréal sur la génération C.

L’atelier est présenté par Carl Frédéric de Celles de iXmedia et  Julia Gaudreault-Perron du Cefrio (centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations), dont le profil vient de la psycho et de l’orientation.

Par respect pour les conditions de l’atelier, je vous retranscris celui-ci en québécois dans le texte.

Julia présente l’atelier, avec son accent chantant et nous explique qu’au début, on parlait surtout des problématiques de la génération C sur le secteur de l’éducation, dans les écoles et les universités, puis s’est déplacé vers les employeurs.

 

Tout d’abord, passons sur une explication inévitable : la génération C n’est pas le mot qu’utilisent les québécois pour parler de la génération Y, mais c’est une partie (encore plus connectée) de la génération Y, ce qui signifie sensiblement la même chose.

Pour être clair : C = les natifs du numérique qui ont développé une nouvelle manière de Communiquer, Créer et Collaborer.

(on dit aussi qu’ils Clavardent) (Montréal forever)

Ils ont aujourd’hui entre 15 et 28 ans, mais ce qui marque ce n’est pas tant l’âge que les valeurs communes, événements de vie (je dirai : culture) : Printemps arabe, mouvement étudiant au Québec…

Ils sont près d’un million et demi au Québec.

Aussi nombreux que les baby boomers à leurs époques qui ont révolutionné le monde du travail alors, on peut s’attendre à ce que la Génération C révolutionne le monde du travail aussi.

Les grandes problématiques sont les suivantes :

Accès aux médias sociaux

Mobilité et télétravail

Collaboration interne

Recrutement 2.0

Potentiel d’innovation (transversal)

 

Un atelier, donc un tantinet théorique dans un premier temps, farci de chiffres qui ne tendent qu’à prouver que les usages de la génération C sont intimement et profondément liés à l’usage du web, mais qui m’a donné des éléments intéressants et toujours utiles pour les présentations professionnelles.

Selon une enquête du Cefrio sur plus de 2000 jeunes en 2008 au Québec :

  • 91,6% possèdent un ordinateur
  • 60,5 un téléphone « cellulaire »
  • 38% un téléphone « intelligent » (smartphone)
  • 5,5 une tablette numérique
  • 96% utilisent internet régulièrement
  • 79% ont un profil sur réseaux sociaux
  • 47,3 % utilisent internet comme principale source d’information
  • 47,7% regardent la web télé
  • 41,4% jouent à des jeux en ligne
  • + 25 points entre 2009 et 2011 sur l’utilisation d’internet au détriment de la télé

L’information qui calme : Combien utilisent internet plus de 20 h par semaine : 33%

Une donnée qui n’a pas changé entre 2008 et 2011, si ce n’est l’usage du smartphone à la place de l’ordinateur.
Ce qu’il faut retenir : Internet fait partie de la réalité. A tel point qu’il leur est devenu difficile de dire combien d’heures effectives ils passent devant internet, étant connectés en permanence tout en vaquant à d’autres activités.

Le « courriel » est le grand unificateur des générations (96% pour tout le monde) voila qui met à mal les outils collaboratifs et les réseaux sociaux d’entreprise…

Soudain, une réflexion émerge : ce sont des bidouilleurs de génie, capable de « clavarder » des heures, mais la compétence pro n’est pas toujours au rendez-vous (manque de recul ?)

Qu’en est il de l’absence total de maitrise de son image ? je demande…

« ça va avec le paradigme du web 2.0 de transparence, dégagé de l’individu parfait qui ne fait jamais de bêtise. Qui contrôle. Aujourd’hui on assume ses bêtises. »

En gros, de même que les marques qui sont victimes de bad buzz doivent savoir réagir, rebondir et non faire oublier, on préfère presque voir une photo d’un jeune en soirée que rien du tout.

On peut se poser la question : sur les jeune fille victime d’hystérie collective après une vidéo malheureuse, sur les jeunes qui se suicident pour cause de cyberintimidation, sur les jeunes qui copient massivement des fiches wikipedia douteuses …

La conclusion universelle : il y a un réel besoin d’éducation des jeunes sur l’utilisation du web, comme outil (ou comme territoire à découvrir).

Ce qui est sûr : 63% des jeunes ont répondu « l’information que je trouve en ligne est aussi importante que celle que me donne mon prof ». Plus que jamais le prof n’est plus un transmetteur mais un guide et accompagnateur dans l’utilisation des outils.

Sur le plan purement professionnel, on constate que les critères qui guident la génération C dans le choix d’un poste sont les mêmes que les générations suivantes.

Elle dit le contraire de tout ce que l’on peut penser : préfèrent apprendre avec un mentor qu’avec de la formation en ligne ou un mentor virtuel.

La relation humaine est encore présente et importante.

Ce que les « anciens » doivent savoir : la Génération Y est aussi appelée ainsi car cela se prononce « génération why »

Pourquoi ?

La génération Y veut savoir pourquoi. Si elle ne le sait pas, elle remettra en question l’autorité jusqu’à la réponse, par habitude de savoir tout, tout de suite, d’avoir un accès illimité et gratuit à l’information.

 

 8 caractéristiques des C :

  • Ils recherchent la liberté
  • Ils aiment personnaliser (stickers, t-shirts et chaussures personnalisables)
  • Ils sont « scrutateurs » : plus aguerris, ils aiment lire les CGU, savoir toujours pourquoi
  • Ils aiment l’intégrité et l’ouverture des organisations (entreprises)
  • Ils veulent s’amuser et avoir du plaisir au travail, à l’école et dans leur vie sociale

-> plutot que de faire attention de savoir que les employés ne volent pas du temps sur les réseaux sociaux on peut se demander comment rendre le travail amusant/divertissant/stimulant ?

  •  Ils sont collaboratifs et relationnels
  • Ils ont besoin d’instantanéité et de rapidité
  • Ils sont innovateurs et apprécient d’être mis à contribution

En gros, ils ne comprennent pas le « il faut », le « on n’a pas le choix ».

 

Question de l’accès aux médias sociaux dans les organisations

 Au public : quelle est la politique de votre organisation ?

Réponses :

« c’est barré »

« Le téléphone peut être utile à l’employé, mais les médias sociaux non »

« Quand tu commences à le faire pour un groupe tu dois justifier pourquoi ce groupe et pas les autres »

On parle risques réputationnels.

D’où l’importance de se doter de schémas de gestion de commentaires, balises et netiquettes (rédiger une charte).

Pareil qu’avec le téléphone en son temps, le courriel en le sien, on évoque le fameux « vol de temps », mais avec les médias sociaux, ça a explosé.

On évoque les community managers et la bizarrerie de donner à une seule personne un pouvoir aussi important que celui de parler sur les réseaux sociaux au nom de l’entreprise.

Exemple de Wallmart « une seule personne qui parlent à tous les consommateurs sur les réseaux sociaux tandis que dans les magasins il y a 30 000 employés qui parlent à tous les clients »

Concernant l’embauche d’un community manager : le réflexe de donner à des jeunes car ils sont utilisateurs de réseaux sociaux est un vrai problème car c’est un poste important ou toute erreur est épinglée par les utilisateurs. Souvent, la demande concernant l’embauche vient du service marketing ou communication, mais la question se pose maintenant de dresser un nouveau profil de compétence, à la frontière entre la communication et le service client.

« Fermer c’est perdre son temps car il y aura toujours un moyen d’y aller »

Beaucoup de transfert de l’information, peu de traitement.

A l’ère des médias sociaux, l’accès dans les entreprises soulève forcément des questions. De la compétence à utiliser ces outils dans un contexte professionnel.

La différence essentielle entre les « natifs » et les « immigrants » (ceux qui sont nés avant la génération C) est la peur des réseaux sociaux. Une personne nous parle de son amie, qui n’a pas de compte Facebook de peur qu’un de ses amis mette en ligne quelque chose sur elle.

J’utilise l’allégorie du couteau : lorsqu’un homme tue un autre à coups de couteau il est rare qu’on accuse le couteau. Facebook est un outil et c’est son utilisation qui va faire la différence. Ne pas avoir de compte est en quelque sorte comme ne pas avoir de couteau chez soi.

Tout le monde dans la salle adhère en riant (québécois, je vous aime).

Les jeunes de la génération C ne se posent pas cette question. Les outils sociaux font partie de leur quotidien.

De même, ils abordent de manière très différente la mobilité et la portabilité. Il n’est pas rare de voir un jeune arriver au travail avec son propre ordinateur.

 

« Dans une récente étude de Booz & Company, plus de la moitié des CIO affirmaient que d’ici 3 à 5 ans; la majorité de leurs employés utiliseraient leurs propres outils technologiques plutôt que les outils corporatifs »